Scénariser

14 février 2001

Aujourd’hui parler de e-formation sans parler de scénarisation, d’interactivité, de structure de contenus, c’est encore faire une impasse sur l’essentiel.

C’est faire croire que la forme du contenu mis à disposition de l’apprenant n’a pas grande importance, alors que tout pédagogue connait l’importance d’une présentation, d’une image, d’une mise en scène, pour aider la conceptualisation lors d’apprentissage.

Didacticiels, tutoriels intelligents, systèmes-experts, d progiciels, multimédias interactifs, livres électroniques , télématique, hypertextes , hypermédias … là aussi nous trouvons beaucoup de termes mais que reflètent-ils ?

Plurimédia, multimédia, hypermédia et supermédia…sont des accroches publicitaires.

Qu’en est-il en termes d’outils pertinents en formation ?

Nelson écrivait en 1970
 » Il faut laisser à l’étudiant le soin de choisir ce qu’il désire étudier, le laisser choisir s’il désire se soumettre à un test. Il faut donc lui donner une variété de matériaux intéressants pour ce faire. Dans ces circonstances, les étudiants seront motivés à atteindre un niveau d’accomplissement personnel supérieur à ce qu’ils peuvent accomplir dans le cadre de l’enseignement traditionnel. S’ils commencent assez tôt à naviguer dans les hypertextes, ils atteindront l’âge adulte avec des esprits bien tournés. Ils seront menés par l’enthousiasme et l’intérêt; ils ne seront jamais désemparés, ils demeureront toujours désireux d’en savoir davantage et ils se montreront enfin bien plus intelligents que les gens ordinaires »

On vante parfois les documents multimédias en les qualifiant d’interactifs. Le paradoxe, c’est que l’interactivité peut garder éveillé, garder participatif mais jusqu’à un certain point seulement. Trop de clics à produire et à répondre, c’est aussi harassant et peut faire perdre le sens à l’apprentissage.

L’apprenant « lecteur-cliqueur » découvre le sens par les liens associatifs mais risque de tout perdre par les interactions insensées Où suis-je?

Au-delà des avantages, les hypermédias véhiculent un problème inhérent à un média non-séquentiel: la désorientation

La désorientation est un effet cognitif produit chez l’usager qui perd la liaison entre son projet de navigation et les cartes ou zones d’information qu’il est en train de lire.
Le problème provient de la mémoire à court terme qui est trop courte pour se rappeler des informations déjà reçues ou pour les relier aux objectifs poursuivis. C’est l’éternelle question:
D’où est-ce que je viens? Où suis-je? Où est-ce que je vais?
Mais aussi qui fait que l’apprenant a tendance à tout oublier en passant d’un écran à l’autre
et qui doit s’efforcer de trouver à quoi telle information doit être associée pour être mémorisée et significative

A l’inverse, ces problèmes deviennent des qualités si cette flexibilité entre les zones d’information facilitent la génération et l’organisation des idées, l’établissement des lieux de résolution de problèmes

Relier entre eux, de manière significative, des éléments d’information , est-ce à la portée de tous ?

Les apprentis auront toujours de la difficulté à y découvrir ce qui est pertinent tandis que les initiés seront mieux à même de créer de nouveaux îlots d’information et de bâtir leur connaissance.

L’important n’est-il pas de construire des contenus qui donnent sens à des éléments appelés données lorsqu’elles sont en vrac, informations lorsqu’elles sont extérieurement structurées et connaissances lorsqu’elles sont humainement assimilées et rendues significatives ?