eformation et meilleurs voeux

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4 janvier 2002

L’année 2001 a vu tour à tour adulée puis rejetée la e-formation couramment d’ailleurs appellée e-learning.
Des prévisions, souvent en termes financiers d’ailleurs, passant de milliards à millions sans réelles analyses, si ce ne sont des affirmations de certains penseurs ou analystes.

Il est vrai que les technologies numériques,généralement désignées par l’expression « nouvelles technologies » suscitent deux types de fictions prémonitoires aux idéologies diamétralement opposées: d’une part des anticipations résolument « optimistes », utopistes, d’autre part des anticipations pessimistes.

Or, depuis le mythe du golem, chacun sait bien que le virtuel n’a pas d’autre point de fuite que le réel, ce que l’analyse et la modélisation cherchent à rejoindre.
De telles prévisions qui ne constituent rien d’autre qu’un imaginaire du présent ne peuvent qu’être toujours erronées.
Chacune de ces anticipations antagonistes, évitant de penser la totalité des possibles dans leur complexité, ne focalise que sur un constituant particulier .

Mais les lendemains sont toujours à construire,
nul ne sait vraiment ce dont demain sera fait car si une grande part de ses potentialités sont déjà là, les occasions de « divergences » sont telles que leurs réalités ne peuvent être que la résultante

  • de ce qui est,
  • de ce que l’on voudra en faire,
  • de ce que l’on pourra en faire,
  • de ce qui adviendra d’encore impensé
  • et des comportements collectifs.

Aussi, après ce préambule qui invite à une certaine modestie, je ne pourrai que formuler des voeux pour 2002 .
Il ne sera donc, pas question, de dire quel sera l’avenir de la e-formation.

Je souhaiterais simplement que les analyses, les débats, les forums, …. s’attachent à comprendre en quoi la e-formation modifie les relations au savoir; plus exactement, à la construction du savoir.

Acquérir des informations sur un médium numérique conduit naturellement l’utilisateur à les construire. La démarche n’est plus une démarche de mémorisation et de consommation, mais une démarche de réflexion et de construction.

La communication qui s’installe n’est plus du type « un vers un », ni du type « un vers tous », elle est du type « tous vers tous ».

A ces interrogations, les technologies numériques qui hésitent encore entre la culture d’hier – basée sur une stabilisation de la mémoire – et celle de demain – plus certainement basée sur la capacité permanente à apprendre- n’ont pas apporté de réponse définitive,

mais elles sont l’instrument nécessaire à la prochaine étape de l’évolution vers la globalisation des savoirs.

Les inforoutes donnent à tout un chacun la possibilité d’accéder, de n’importe quel point du globe à tous les espaces informationnels planétairement disponibles.

L’homme va devoir être résolument multidimensionnel, c’est-à-dire apprendre à raisonner simultanément dans des espaces cognitifs complexes et donc, parfois, contradictoires.

Dès lors, la construction du savoir ne peut plus être vue sous le seul angle déjà dépassé de la régurgitation des savoirs, ni sous celle plus moderne, de la déduction analytique.

L’apprenant de demain, n’apprendra qu’à apprendre; ses connaissances de base devront être la capacité à définir des objectifs, dominer des stratégies d’acquisition de connaissances provisoires, à reconstruire en permanence une pensée et ceci dans un regard toujours critique.

Ce qui s’esquisse là est la problématique d’une infinité de parcours possibles dans des espaces multiples de savoirs disponibles, approche qui interroge profondément la plupart des théories de l’apprentissage car elle place l’activité constructive avant la mémorisation et la restitution.

Par le biais de communautés d’intérêts en perpétuelles reconfigurations au sein desquelles l’individu est amené à faire des expériences, penser et agir, elles permettent non seulement à chacun de se créer un parcours spécifique unique mais aussi, et c’est peut-être là le plus important, de le comparer à d’autres et de le faire connaître.

L’espoir de l’apport des nouvelles technologies dans la construction des savoirs est d’ouvrir un immense champ d’exploration à une construction active de la faculté d’apprendre.

La e-formation ne peut être seulement considérée comme un médium réduisant la distance, les coûts et facilitant la transmission des connaissances.

Bien plus que cela, elle offre l’opportunité de mettre en place une façon différente d’apprendre centrée sur le projet, l’ouverture, l’échange, l’investissement personnel et la construction critique de savoirs.

Alors je formule le voeu que dans ce contexte, 2002 nous permette d’apprendre comment inventer leurs usages.


A vous toutes et tous, Merci d´être avec nous. Pour Onlineformapro, c´est le quatrième millésime après 1999, 2000 et 2001. Et si nous sommes encore là aujourd´hui, c´est grâce à vous.

MG