Chaque année, au gré des salons et rendez-vous des professionnels du e-learning, surgissent de nouveaux concepts plus révolutionnaires et innovants les uns que les autres, censés faire entrer le e-learning dans un nouvel âge.

Cette course sans fin à l’annonce, bien loin de convaincre et de rassurer la grande majorité de nos clients potentiels, est un frein à l’engagement des donneurs d’ordre qui demandent de la stabilité pour s’engager.

A vouloir chaque année ou tous les deux ans « buzzer » avec un nouveau terme et un nouvel angle d’attaque (blended learning, rapid Learning, social learning, mlearning) nous déroutons plus que nous n’informons, nous décourageons plus que nous n’attirons.

Or, pour autant que notre industrie s’appuie sur de la haute technologie, elle n’est pas un micro milieu de « geek » adorant aveuglément un veau d’or numérique. Elle est, au contraire, largement composée de professionnels sérieux, de pédagogues compétents qui ont conscience des véritables questions que pose le déploiement du e-learning.  Ces questions, ce sont celles que se posent nos clients, nos prospects ; elles posent la véritable problématique du e-learning : « comment apprendre autrement ?».

Nous devrions y répondre au travers d’argumentaires sérieux portant sur la pédagogie, les évolutions du comportement du citoyen lambda et donc du salarié vis-à-vis des technologies, vis-à-vis des pratiques de formation, des évolutions du besoin en compétences de plus en plus renouvelé souvent et rapidement.

Aujourd’hui, les compétences acquises et utilisées sur un poste de travail deviennent de plus en plus vite obsolètes, le rythme imposé par les technologies modifie totalement les pratiques en entreprise (réactivité, actualisation des connaissances, management de moins en moins pyramidal…). Nous sommes ceux qui sommes les mieux à même de donner à voir et comprendre ce que devrait être l’entreprise apprenante et les bénéfices qu’elle peut en tirer dans le contexte actuel, dans un monde en pleine mutation.

Ce serait bien le comble que nous persistions  à jouer les bateleurs, nous qui sommes des pédagogues, nous qui avons mis en place des solutions robustes, fiables et efficaces.

Cessons de « buzzer », faisons valoir notre maturité !

Michèle Guerrin