Le lundi 8 juillet, Michel Sapin, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, a transmis aux partenaires sociaux le document d’orientation (cliquez sur le lien pour en prendre connaissance) fixant les grandes lignes de la réforme de la formation professionnelle.

Un accord interprofessionnel doit être conclu début décembre en vue d’aboutir à la présentation d’un projet de loi d’ici à la fin de l’année.

S’il est sain de lancer une réforme et louable de concerter les partenaires sociaux, il est permis de douter de l’efficacité de la démarche, voire de sa sincérité.

Pourquoi ?

L’État est schizophrène : prescripteur, il réforme ; opérateur, il tergiverse…

La concertation entre partenaires sociaux ne portera que sur une petite partie des 31,5 milliards d’euros de dépenses annuelles de la formation professionnelle : les 6 milliards directement gérés par les partenaires sociaux et qui relèvent du financement obligatoire des entreprises (le fameux «0,9 %» de la masse salariale).

Les 25 et quelque autres milliards gérés par l’État et les collectivités territoriales n’entrent pas dans le périmètre de la réforme et le Gouvernement, qui conduira une concertation sur le sujet avec les régions, les syndicats et le patronat, ne s’est fixé (à lui-même) aucune feuille de route ou objectif particulier.

C’est en fait sur à peine 20% des montants dédiés à la formation professionnelle que portera cette réforme.

Dès lors, peut-on sérieusement affirmer que la démarche du Gouvernement aboutira à une réforme de la formation professionnelle ?

Les effets d’annonce ne font pas une politique digne de ce nom !